, Politique de confidentialité - Californie (USA). 38 Manuscrit d’Hernani, Bnf, Nafr. La dernière ayant eu lieu le 20 novembre 1830 (cf. Mais cela résulte d’une erreur : la pièce a été écrite presque un an avant, du 29 août au 24 septembre 1829, et représentée du 25 février au 22 juin 1830. la Comédie-Française une sensibilité moderne flirtant avec le goût populaire des scènes secondaires » (p. 11). Seule subsiste, dans les cartons d’archives de la Comédie-Française, la musique écrite . La métaphore politico-militaire de Gautier n'était ni arbitraire, ni inédite : le parallèle entre le théâtre et la Cité dans leur lutte contre les systèmes et les contraintes de l'ordre établi, réunis en 1825 dans la formule lapidaire du critique du Globe Ludovic Vitet (« le goût en France attend son 14 juillet »[89]) était l'un des topoï d'une génération de littérateurs et d'artistes qui prenait dans la révolution politique son modèle stratégique[90], et qui usait volontiers du langage militaire : « la brèche est ouverte, nous passerons »[91], avait dit Hugo après le succès du Henri III de Dumas. Or, Firmin, rompu aux habitudes de la diction des vers classiques, marquait la pause à l'hémistiche. Si la pièce fut un succès commercial (pas moins de 1 000 Francs de recette par représentation[117]), si elle consacra Victor Hugo comme chef de file du mouvement romantique en même temps qu'elle en faisait la victime la plus célèbre du régime de plus en plus impopulaire de Charles X[118], ce succès de scandale marqua également le début d'un certain dédain des doctes pour le drame romantique en général, et pour le théâtre de Hugo en particulier[119]. Certes, Shakespeare était encore glorifié, comme étant la synthèse de ces trois grands génies que furent Corneille, Molière et Beaumarchais[15], les unités de temps et de lieu étaient perçues comme accessoires (l'utilité de l'unité d'action était en revanche réaffirmée[16]), Hugo retrouvant l'argument de Lessing qui trouvait absurdes les vestibules, péristyles et antichambres dans lesquels, paradoxalement au nom de la vraisemblance, se déroulait l'action de la tragédie[17]. Les comédiens étaient fatigués des sifflets, des cris, des rires, des interruptions incessantes (on a pu calculer qu'ils étaient interrompus tous les douze vers, soit près de 150 fois par représentation[107]), et interprétaient leurs rôles avec de moins en moins de conviction. Recherche parmi 242 000+ dissertations. Un décret de 1791 sur les spectacles autorisait tout citoyen qui le souhaitait « à élever un théâtre public et à y faire représenter des pièces de tous les genres »[43]. Il en va de même pour l’unité de lieu : l’action évolue en Espagne, à Saragosse, puis s’envole de quelques centaines de kilomètres pour emporter le spectateur dans les montagnes. » (. On pourrait ici la reformuler de la manière suivante : Les femmes doivent avoir la même place que les hommes dans la société. Il en est ainsi depuis sa création, nouvelle bataille d’Hernani entretenue par une critique violemment divisée. Aussi la survie du Théâtre-Français dépendait-elle directement des subventions publiques qu'il recevait ; sauf s'il jouait des pièces romantiques qui, elles, faisaient recette[54]. Partager Facebook Twitter Mail. Leur insuffisance était manifeste lorsqu’il s’agissait de jouer le théâtre de Hugo chez qui, explique Dumas, « le comique et le tragique se touchent sans nuances intermédiaires, ce qui rend l’interprétation de sa pensée plus difficile que s’il [...] se donnait la peine d’établir une gamme ascendante ou descendante. • Rédaction d’une synthèse et problématisation On demandera alors aux élèves de résumer les causes de la « bataille d’Hernani ». de l'académie de Lille, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Bataille_d%27Hernani&oldid=176910499, Portail:Littérature française ou francophone/Articles liés, Portail:Littérature française/Articles liés, Portail:France au XIXe siècle/Articles liés, Portail:Époque contemporaine/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. * La bataille d’Hernani (cf. En réalité, il est probable que la comédienne avait réussi à convaincre le dramaturge d'opérer cette modification, pour ne pas donner prise aux quolibets : c'est en effet « Monseigneur », et non « mon lion », qui était écrit sur le manuscrit du souffleur[74]. Par ailleurs, Alexandre Dumas, qui se flattait d’avoir, avec sa pièce Henri III, remporté « le Valmy de la révolution littéraire » souligne que les comédiens français, pris dans leurs habitudes, se montraient incapables de passer du tragique au comique comme l’exigeait la nouvelle écriture du drame romantique. Les employés du théâtre contribuaient à leur façon à aider les forces de l'ordre, en bombardant les romantiques d'ordures depuis les balcons (c'est à cette occasion que la légende veut que Balzac ait reçu un trognon de chou en pleine figure[97]). À l'occasion du bicentenaire de 2002, le téléfilm de Jean-Daniel Verhaeghe et la reconstitution de la bataille à la Comédie-Française par des lycéens témoignent de son importance dans l'histoire du romantisme français. Elle concentre assurément un maximum de charge symbolique : concurrence de deux esthétiques, conflit … Héritière d'une longue série de conflits autour de l'esthétique théâtrale, la bataille d'Hernani, aux motivations politiques au moins autant qu'esthétiques, est restée célèbre pour avoir été le terrain d'affrontement entre les « classiques », partisans d'une hiérarchisation stricte des genres théâtraux, et la nouvelle génération des « romantiques » aspirant à une révolution de l'art dramatique et regroupée autour de Victor Hugo. Ainsi ce mouvement a conduit les poètes vers un style lyrique (qui favorise l'expression des sentiments) et élégiaque (qui exprime la douleur et la mélancolie).. Mais à partir de la quatrième représentation, le rapport de force s'inversa : il n'y eut plus que cent places gratuites de distribuées. II) La bataille d'Hernani. Les trois unités théâtrales : l’unité de temps, de lieu et d’action ne suivent plus les codes stricts établis par les auteurs classiques. La version du 25 décembre 2008 de cet article a été reconnue comme «, Un siècle et demi de combats pour le théâtre, S'extraire du carcan classique : vers le drame romantique, Critiques du classicisme au théâtre sous l'Ancien Régime, 25 février 1830 : le triomphe de la Première, Franck Laurent, « Le drame hugolien : un "monde sans nation" ? Menu Effacer le champ de recherche. ... Synthèse et approfondissement grâce aux documents ci-dessous. Au fond la rampe d’un escalier qui s’enfonce dans le jardin… ». Avant la bataille analysée par Michel WINOCK au travers d’œuvres et d’images d’archive. La censure royale avait refusé les deux premiers titres proposés : À l'exception d'une seule, donnée devant un parterre de lycéens (cf. Quant à la théorie des trois âges de la littérature (primitif, antique et moderne), elle était si peu originale qu'on a pu la qualifier de « vraie "tarte à la crème" des littérateurs du temps »[18]. À chacun de ses membres fut distribué un billet d'invitation nominatif (le baron Taylor craignait que certains d'entre eux ne fussent revendus[92]) de couleur rouge sur lequel était écrit le mot Hierro (« le fer », en espagnol), qui devait constituer leur signe de ralliement, comme il constituait le cri de guerre des Almogavares dans Les Orientales[93]. La vengeance s'installe entre les deux amoureux de Doña Sol. La conséquence en était que, très vite, chaque comédien se spécialisait dans un type particulier de rôle[69]. Des années plus tard, Gautier écrirait : « 25 février 1830 ! Anne Ubersfeld, « Le moi et l'histoire », in Jacqueline de jomaron (dir.). récente de l’artémisinine ... Verra-t-on se déclencher une nouvelle bataille . En 1830, la représentation de sa pièce Hernani est à l’origine d’une querelle entre Clas-siques et Modernes, appelée la « bataille d’Hernani ». La "bataille d'Hernani" semble constituer à elle seule une œuvre. La longue tirade de Don Gomez dans la galerie des portraits de ses ancêtres (Acte III, scène VI), qu'on attendait de pied ferme, avait été raccourcie de moitié, si bien que, pris de court, les adversaires de Hugo n'eurent pas le temps de passer des murmures aux sifflets. La forme sous laquelle elle est généralement connue aujourd'hui est toutefois tributaire des récits qui en ont été donnés par les témoins de l'époque (Théophile Gautier principalement, qui portait à la Première le 25 février 1830 un gilet rouge qui par son caractère provocateur resterait dans l'histoire), mêlant vérité et légendes dans une reconstruction épique destinée à en faire l'acte fondateur du romantisme en France. Introduction Avant la première représentation d'Hernani, la « claque » fut réunie. Il revendique notamment la possibilité d’allier le sublime et le grotesque, tandis que les théories classiques réservent le sublime à la tra-gédie et le grotesque à la comédie. 39 Il semble d’ailleurs que Hugo n’avait pas prévu à l’origine ce couplage sous le signe de Don Juan de don Carlos et d’Hernani, puisque la révélation de la véritable identité de celui-ci ne se Conscients de la situation, les principaux fournisseurs du Théâtre-Français en pièces nouvelles, les auteurs de tragédies néo-classiques adressèrent-ils en janvier 1829 une pétition à Charles X afin qu'il interdît la représentation en ce lieu du drame romantique. Toutes les manifestations de la querelle d'Hernani ne furent pas aussi plaisantes que ces parodies : un jeune homme fut tué dans un duel, en défendant les couleurs de la pièce de Victor Hugo[114]. La "bataille d'Hernani" est devenue un modèle de littérature-événement. A. Bataille d'Hernani. D … Écrit tout aussi rapidement que Marion de Lorme (entre le 29 août et le 24 septembre 1829[64]), Hernani fut lu devant un public d'une soixantaine d'amis de l'auteur et fut acclamé. Qui plus est, la tragédie classique française, qui ne s'intéressait pas au peuple et à laquelle le peuple ne s'intéressait pas, était par nature un art aristocratique, qui par là même renforçait encore la division sociale en la doublant d'une division des publics de théâtre. En décembre 1827[13], Victor Hugo fit paraître à Paris un important texte théorique en guise de justification de sa pièce Cromwell, éditée quelques semaines plus tôt, et dont l'histoire littéraire se souviendrait sous le titre de « Préface de Cromwell ». de ta suite j'en suis ! Les spécificités du drame romantique: 1. Nombreux étaient alors ceux qui pensaient que la pièce ne passerait pas la première, et l'on s'arrachait les places de cette unique représentation[82]. La bataille d’Hernani. Les grandes batailles du romantisme se livrent d'abord aux théâtres. Le plus prestigieux des lieux de représentation officiels, le Théâtre-Français, comptait 1 552 places (qui valaient entre 1,80 et 6,60 francs[46]) et avait pour vocation de promouvoir et de défendre le grand répertoire dramatique : Racine, Corneille, Molière, Marivaux parfois, Voltaire et ses continuateurs néo-classiques : il était explicitement subventionné pour cette mission. L’amplification de la légende de la bataille d’Hernani naît des récits qu’en ont fait les témoins directs, notamment Théophile Gautier, quarante-quatre ans plus tard. Hugo, depuis le trou des acteurs percé dans le rideau de la scène, observait ses troupes sans se montrer[98]. Bataille qui fut reconstituée, par et pour des lycéens, en 2002, lors des célébrations du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo[132], tandis qu'un téléfilm de Jean-Daniel Verhaeghe (sur un scénario de Claude Allègre et Jean-Claude Carrière), La Bataille d'Hernani, contribuait à donner une nouvelle vigueur au récit inspiré par les évènements qui avaient entouré, cent soixante-douze ans plus tôt, la création de la pièce de Victor Hugo. Hugo fait de cette histoire un mélange de genres, ce qui vient ajouter des ingrédients à la « bataille d'Hernani ». Une thèse est une opinion donnée sur un thème. La Princesse de Montpensier : Chabannes - Duration: 8:43. 13386, f° 37r° (voir aussi le f° 13v°). La métaphore militaire et le parallèle avec Bonaparte se poursuivaient dans la suite du récit, qui faisait également la part belle au pittoresque (un chapitre entier du livre est consacré au « gilet rouge »), et qui surtout condensait en une seule soirée mémorable des évènements empruntés à des représentations différentes, dans une évocation largement idéalisée des évènements qui contribuerait durablement à fixer à la date du 25 février 1830 l'acte fondateur du romantisme en France[132]. Toutefois, lors de l'affaire de la censure de Marion de Lorme, la presse avait pris fait et cause pour Hugo : interdire coup sur coup deux pièces du dramaturge pouvait se révéler politiquement contre-productif. Estimant qu'ils les avaient interrompues trop tôt (la pièce fut arrêtée au bout de trente-neuf représentations[121]), Hugo leur intenta un procès, et leur retira le droit de jouer Marion de Lorme, dont le nouveau régime avait levé l'interdiction qui pesait sur elle[122]. En effet, l’amour coupable de Doña Sol et d’Hernani se faisant passer pour un gueux de la suite de la Dame, le rapport incestueux qu’entretient Don Ruy Gomez avec sa nièce ne sont pas faits pour sauvegarder le public de tout choc moral. « Folio Théâtre ». Cité par Anne Ubersfeld, in J. de Jomaron. Un spectateur trouva la mort, trois cents étudiants furent arrêtés et incorporés de force dans l'armée[36]. La bataille d’Hernani. Fils d’un élève d’Ingres et d’une miniaturiste, le peintre et graveur Albert Besnard se situe à mi-chemin entre l’académisme et la mouvance impressionniste. Le « j'en passe et des meilleurs » par lequel il y était mis un terme devint proverbial[99]. Victor Hugo, qui manifestait pour la matérialité de la représentation de son œuvre un intérêt beaucoup plus grand que ses confrères dramaturges, s'impliquait dans la préparation scénique de ses pièces, en choisissait lui-même (lorsqu'il en avait la possibilité) la distribution et dirigeait les répétitions. En conséquence de quoi les scènes se multiplièrent à Paris entre la Révolution et la Restauration (malgré un coup d'arrêt sous l'Empire). Elle s'est inscrite dans le temps grâce à ces récits épiques qui ont continué à la faire vivre à travers les époques. de ta suite ! », Jean-Marie Thomasseau, « Le théâtre et la mise en scène au. Au cours de la Restauration, les « batailles » autour du théâtre consacrèrent largement la victoire des partisans de la modernité esthétique : Trente ans ou la vie d'un joueur de Victor Ducange et Dinaux (1827), qui racontait l'histoire de la vie d'un homme à travers l'évocation de trois journées décisives de son existence, obtint un succès considérable au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Or, la claque était composée de proches des dramaturges classiques, leurs clients habituels, et était donc peu susceptible de soutenir avec tout l'enthousiasme souhaité la pièce de leur ennemi[83]. Ce 25 février 1830, toutes les tensions et les oppositions de conception au sujet du théâtre se sont cristallisées lors de la “bataille d’Hernani”. C'est une lutte en commun. — Minuit bientôt » entre le roi et don Ricardo (Acte II, scène 1) le consternait[105]. Toutes les représentations de la pièce, durant quatre mois, furent chahutées[115]. Au siècle suivant, Marivaux contribua à accentuer cette forte subversion des genres en greffant une dimension sentimentale à la structure farcesque de ses pièces[2]. Hernani. L'alliance entre le grotesque et le sublime ne devait toutefois pas être perçue comme une alliance artificielle qui s'imposerait aux artistes à la manière d'un nouveau code dramatique : il découlait au contraire de la nature même des choses, l'Homme portant en lui ces deux dimensions. Thème 2 Les pistes d'étude . Hugo définit le drame romantique dans la préface de Cromwell en 1827. Qui plus est, le public, et notamment le public des adversaires de Hugo, connaissait mieux le texte de la pièce, et savait où il devait siffler. Il cria à ces hommes assez âgés pour se souvenir de la Terreur : « À la guillotine, les genoux ! Pièce de théâtre mêlant le drame historique à la comédie d'intrigue, il s'agit d'un récit qui met en scène, en plus, un roi, un vieillard et un bandit. » provoqua par exemple quelques remous au sein de la commission[63]). Taille du document . Et non pas en 1828, ainsi qu'il est indiqué sur l'édition princeps (cf. La fameuse bataille d’Hernani préfigure la révolution de 1830, et Hugo le sent bien lorsqu’il place, dans sa préface, la pièce sous le signe du « libéralisme ». Néanmoins, malgré la qualité de leurs acteurs, malgré aussi le recrutement par le baron Taylor du décorateur Ciceri, qui révolutionna l'art du décor au théâtre[50], les représentations au Théâtre-Français se déroulaient devant des salles presque vides, tant il était notoire que l'on s'y ennuyait à « écouter de pompeux déclamateurs réciter avec méthode de longs discours », ainsi que l'écrivait en 1825 un rédacteur du Globe, journal il est vrai peu favorable aux néo-classiques[51]. À la fin de la pièce, les ovations succédèrent aux ovations, les acteurs furent acclamés, le dramaturge porté en triomphe jusque chez lui. Le public, majoritairement composé de jeunes gens qui ne connaissaient les chahuts de 1830 que par ouï-dire, applaudit bruyamment aux répliques qui avaient été sifflées (ou étaient supposées l'avoir été) en 1830, et manifesta sa réprobation lorsqu'il n'entendait pas les vers attendus[132] (le texte joué reprenait pour l'essentiel celui de 1830, avec les modifications opérées par Hugo après les premières représentations[134]). Code embed copié dans le presse-papier À retrouver dans l'émission. Manuscrits . Victor Hugo annoncera, en bon rebelle : « J’ai/dis/lo/qué/ce/grand/ni/ais/d’a/le/xan/drin », montrant ainsi, par le rejet du dernier mot, que l’important n’est plus pour lui de s’en tenir aux codes d’un théâtre classique et ultranormalisé. Déjà à cette époque on observait que les chahuts étaient le fait de groupes de spectateurs qui avaient parfois organisé au préalable leur manifestation[35]. Qui plus est, la légende qui s'est créée autour du drame de Victor Hugo, en escamotant les « batailles » théâtrales antérieures, attribue aux évènements qui se déroulèrent au premier semestre de l'année 1830 une importance largement supérieure à celle qui fut réellement la leur[127]. 6 La bataille d’Hernani est l’opération publicitaire des romantiques. • Synthèse sur la bataille d'Hernani (Victor Hugo) - Fichier envoyé le 10-02-2020 par Evelyne Paquet Il s'agit d'une synthèse d'extraits de presse, de cours magistraux universitaires, de prise de notes à partir du téléfilm relatif à la bataille d'Hernani et de témoignages d'auteurs romantiques. Synthèse LA 2 sq 3 - Hugo, Hernani, acte V, scène 6 (1830) Introduction Amorce – La bataille d’Hernani Le drame romantique – Hugo, Préface de Cormwell : « le drame, qui fond sous un même souffle le grotesque et le sublime, le Par . — j'en suis », murmure un Hernani menaçant. Ma nièce, vous serez ma femme dans une heure ». Assistant à la Première, Danton aurait eu ce mot révélateur : « si Figaro a tué la noblesse, Charles IX tuera la royauté »[33]. Ils prendront ainsi conscience de à ce sujet J.-M. Hovasse, Légende apocryphe, explique Jean-Marc Hovasse (. 1830 : La Bataille d’Hernani Réécouter 1830 : La Bataille d’Hernani écouter (5 min) 5 min. Page 1 sur 7. », est-il écrit en épigraphe du poème « Le Cri de guerre du mufti » (cf. Il ne s'agirait plus de décrire la fin du règne de Louis XIII, mais l'avènement de Charles Quint comme empereur : davantage encore que Cromwell, Don Carlos évoquerait Napoléon[63]. • Synthèse sur la bataille d'Hernani (Victor Hugo) - Fichier envoyé le 10-02-2020 par Evelyne Paquet Il s'agit d'une synthèse d'extraits de presse, de cours magistraux universitaires, de prise de notes à partir du téléfilm relatif à la bataille d'Hernani et de témoignages d'auteurs romantiques. Phèdre, représenté la veille, n'avait rapporté que 450 francs[54]. Il ne craignait pas de pratiquer « l'enjambement qui l'allonge », qu'il préférait à « l'inversion qui l'embrouille »[26]. Mais la presse libérale n'était pas en reste : son leader, Armand Carrel, écrivit pas moins de quatre articles dans Le National pour dénoncer la monstruosité du drame hugolien, et surtout pour mettre en garde le public libéral contre les amalgames répandus par l'auteur de Cromwell : non, le romantisme n'était pas l'expression du libéralisme dans l'art, et la liberté artistique n'avait rien à voir avec la liberté politique[109]. DON RUY GOMEZ : À doña Sol. Vous disposez d’un accès via votre bibliothèque, votre établissement ou votre organisation ?. Lancer la recherche ... SYNTHÈSE. Isabelle Luttiau 1,822 views. Cromwell (1827) Hernani (1830) : la première représentation de la pièce, le 25 février 1830, provoqua la fameuse « bataille d’Hernani », qui opposa d’une part les partisans du nouveau drame romantique et d’autre part les défenseurs de la conception classique du … Il est drame de l'Histoire au sens où, parler du passé, c'est parler du présent. Anne Ubersfeld, in J. de Jomaron. Et si vous ne vous souvenez pas de ce que la (le) prof avait dit de la bataille d'Hernani et de Théophile Gautier, de ce que pensait Victor Hugo de l'unité de temps et de l'unité d'action, si même vous avez oublié ce que c'est, ce n'est pas grave, si finalement vous aimez l'Hernani de ce brave père Hugo. Ciel De Toit Transporter T3, Président Français 1940, Sms Pour Faire Réagir Son Copain, Erre 6 Lettres, Façade Cuisine Ikea Faktum, Musique Mexicaine Connue Qui Bouge, Grille Salaire Métallurgie 2020 Technicien, Amerindien Synonyme 4 Lettres, Micro Brasserie Occasion, " />

synthèse la bataille d'hernani

Le décalage entre la réalité des évènements qui entourèrent les représentations d'Hernani et l'image qui en est demeuré est sensible : la postérité a retenu le « lion » imprononçable de mademoiselle Mars, le trognon de chou de Balzac, les coups et les insultes échangés entre « classiques » et « romantiques », « l'escalier dérobé » sur lequel trébuche le vers classique, le gilet rouge de Gautier, etc., mélange de vérité et de fiction qui rabat sur la seule date du 25 février 1830 des évènements qui s'espacèrent sur plusieurs mois, et qui oublie que la première représentation du drame de Hugo fut, presque sans coup férir, un triomphe pour le chef de file de l'esthétique romantique. Autrement dit, un théâtre bourgeois[23]. Hernani est un drame romantique créé par Victor Hugo et joué pour la première fois au théâtre-français le 25 février 1830. Maurice Souriau. La pièce ne serait pas jouée. Mais ce vers qui « communique son relief à des choses qui, sans lui, passeraient pour insignifiantes et vulgaires »[25] n'était pas le vers classique : il revendiquait pour lui-même toutes les ressources et toutes les souplesses de la prose, « pouvant parcourir toute la gamme poétique, allant de haut en bas, des idées les plus élevées aux plus vulgaires, des plus bouffonnes aux plus graves, des plus extérieures aux plus abstraites ». En 1829, Alexandre Dumas triompha avec Henri III et sa cour, drame en cinq actes et en prose, qu'il parvint à imposer à la Comédie-Française[38]. Hernani et «la bataille d'Hernani», Victor Hugo, Gallimard. Synthèse Le Romantisme français ... s'imposera peu à peu face à la tradition (cf la bataille d'Hernani) avant de sombrer dans l'indifférence au milieu du siècle. D'autant que l'on connaissait, depuis Le Mariage de Figaro, l'effet qu'une pièce de théâtre pouvait avoir sur le public[59] (la pièce de Beaumarchais avait d'ailleurs plusieurs années été interdite de représentation durant la Restauration[60]). 12 Par Seymour Travers, Ph. Théophile Gautier,Un des défenseurs de Victor Hugo, le jour de la première d'Hernani, décrit l’histoire de cette représentation historique. Le principal organe du parti libéral, le journal Le National d'Adolphe Thiers, farouchement opposé à Charles X, serait l'un des plus virulents contempteurs de la pièce[79]. Le mélodrame les tue, le mélodrame libre et vrai, plein de vie et d'énergie, tel que le fait M. Ducange, tel que le feront nos jeunes auteurs après lui »[37]. La subvention fonctionnait alors comme un auxiliaire de la censure : « la subvention, c'est la sujétion », écrirait Victor Hugo en 1872[47]. Cette soirée décida de notre vie ! Hernani, . Une entrevue avec Charles X n'obtint pas davantage de résultat. Cours 8. Franck Laurent, « Le drame hugolien : un "monde sans nation" ? Querelle d'abord interne aux comédiens-français, elle opposa bientôt « les patriotes au "Parti de la Cour", l'assemblée au roi, la Révolution à la contre-révolution »[31]. Célèbre querelle entre classiques et romantiques, qui eut lieu au Théâtre-Français à l'occasion de la première du drame éponyme de V. Hugo (1830). Enfin, si l'adaptation par Alfred de Vigny d'Othello ou le Maure de Venise de Shakespeare ne fut qu'un demi-succès, elle ne causa pas l'émoi qu'avait suscité, sept ans plus tôt, la venue d'une troupe de comédiens anglais qui avait été obligée de jouer sous les huées et les projectiles du public (une comédienne avait même été blessée[40]). Des milliers de livres avec la livraison chez vous en 1 jour ou en magasin avec -5% de réduction . À l'opposé de Stendhal, Hugo préconisait pour le drame romantique le recours à la versification plutôt qu'à la prose : cette dernière était perçue comme étant l'apanage d'un théâtre historique militant et didactique qui se voulait sans doute populaire et qui rabaissait l'art à la seule dimension de l'utilitaire. Par ailleurs, Stendhal s'insurgeait contre le fait que l'esthétique au théâtre demeurât au XIXe siècle ce qu'elle avait été aux deux siècles précédents : « De mémoire d'historien, jamais peuple n'a éprouvé, dans ses mœurs et dans ses plaisirs, de changement plus rapide et plus total que celui de 1770 à 1823 ; et l'on veut nous donner toujours la même littérature ! Aussi « l'emphase de l'alexandrin convient à des protestants, à des Anglais, même un peu aux Romains, mais non, certes, aux compagnons d'Henri IV et de François Ier »[10]. Aussi Hugo décida-t-il de se passer de leurs services et de recruter sa propre claque. Ils ne pouvaient en revanche, en ce qui concernait l'interprétation du drame nouveau, rivaliser avec les grands acteurs du théâtre de la Porte-Saint-Martin, un Frédérick Lemaître ou une Marie Dorval. Ils prendront ainsi conscience de Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur La bataille d’Hernani >, Politique de confidentialité - Californie (USA). 38 Manuscrit d’Hernani, Bnf, Nafr. La dernière ayant eu lieu le 20 novembre 1830 (cf. Mais cela résulte d’une erreur : la pièce a été écrite presque un an avant, du 29 août au 24 septembre 1829, et représentée du 25 février au 22 juin 1830. la Comédie-Française une sensibilité moderne flirtant avec le goût populaire des scènes secondaires » (p. 11). Seule subsiste, dans les cartons d’archives de la Comédie-Française, la musique écrite . La métaphore politico-militaire de Gautier n'était ni arbitraire, ni inédite : le parallèle entre le théâtre et la Cité dans leur lutte contre les systèmes et les contraintes de l'ordre établi, réunis en 1825 dans la formule lapidaire du critique du Globe Ludovic Vitet (« le goût en France attend son 14 juillet »[89]) était l'un des topoï d'une génération de littérateurs et d'artistes qui prenait dans la révolution politique son modèle stratégique[90], et qui usait volontiers du langage militaire : « la brèche est ouverte, nous passerons »[91], avait dit Hugo après le succès du Henri III de Dumas. Or, Firmin, rompu aux habitudes de la diction des vers classiques, marquait la pause à l'hémistiche. Si la pièce fut un succès commercial (pas moins de 1 000 Francs de recette par représentation[117]), si elle consacra Victor Hugo comme chef de file du mouvement romantique en même temps qu'elle en faisait la victime la plus célèbre du régime de plus en plus impopulaire de Charles X[118], ce succès de scandale marqua également le début d'un certain dédain des doctes pour le drame romantique en général, et pour le théâtre de Hugo en particulier[119]. Certes, Shakespeare était encore glorifié, comme étant la synthèse de ces trois grands génies que furent Corneille, Molière et Beaumarchais[15], les unités de temps et de lieu étaient perçues comme accessoires (l'utilité de l'unité d'action était en revanche réaffirmée[16]), Hugo retrouvant l'argument de Lessing qui trouvait absurdes les vestibules, péristyles et antichambres dans lesquels, paradoxalement au nom de la vraisemblance, se déroulait l'action de la tragédie[17]. Les comédiens étaient fatigués des sifflets, des cris, des rires, des interruptions incessantes (on a pu calculer qu'ils étaient interrompus tous les douze vers, soit près de 150 fois par représentation[107]), et interprétaient leurs rôles avec de moins en moins de conviction. Recherche parmi 242 000+ dissertations. Un décret de 1791 sur les spectacles autorisait tout citoyen qui le souhaitait « à élever un théâtre public et à y faire représenter des pièces de tous les genres »[43]. Il en va de même pour l’unité de lieu : l’action évolue en Espagne, à Saragosse, puis s’envole de quelques centaines de kilomètres pour emporter le spectateur dans les montagnes. » (. On pourrait ici la reformuler de la manière suivante : Les femmes doivent avoir la même place que les hommes dans la société. Il en est ainsi depuis sa création, nouvelle bataille d’Hernani entretenue par une critique violemment divisée. Aussi la survie du Théâtre-Français dépendait-elle directement des subventions publiques qu'il recevait ; sauf s'il jouait des pièces romantiques qui, elles, faisaient recette[54]. Partager Facebook Twitter Mail. Leur insuffisance était manifeste lorsqu’il s’agissait de jouer le théâtre de Hugo chez qui, explique Dumas, « le comique et le tragique se touchent sans nuances intermédiaires, ce qui rend l’interprétation de sa pensée plus difficile que s’il [...] se donnait la peine d’établir une gamme ascendante ou descendante. • Rédaction d’une synthèse et problématisation On demandera alors aux élèves de résumer les causes de la « bataille d’Hernani ». de l'académie de Lille, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Bataille_d%27Hernani&oldid=176910499, Portail:Littérature française ou francophone/Articles liés, Portail:Littérature française/Articles liés, Portail:France au XIXe siècle/Articles liés, Portail:Époque contemporaine/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. * La bataille d’Hernani (cf. En réalité, il est probable que la comédienne avait réussi à convaincre le dramaturge d'opérer cette modification, pour ne pas donner prise aux quolibets : c'est en effet « Monseigneur », et non « mon lion », qui était écrit sur le manuscrit du souffleur[74]. Par ailleurs, Alexandre Dumas, qui se flattait d’avoir, avec sa pièce Henri III, remporté « le Valmy de la révolution littéraire » souligne que les comédiens français, pris dans leurs habitudes, se montraient incapables de passer du tragique au comique comme l’exigeait la nouvelle écriture du drame romantique. Les employés du théâtre contribuaient à leur façon à aider les forces de l'ordre, en bombardant les romantiques d'ordures depuis les balcons (c'est à cette occasion que la légende veut que Balzac ait reçu un trognon de chou en pleine figure[97]). À l'occasion du bicentenaire de 2002, le téléfilm de Jean-Daniel Verhaeghe et la reconstitution de la bataille à la Comédie-Française par des lycéens témoignent de son importance dans l'histoire du romantisme français. Elle concentre assurément un maximum de charge symbolique : concurrence de deux esthétiques, conflit … Héritière d'une longue série de conflits autour de l'esthétique théâtrale, la bataille d'Hernani, aux motivations politiques au moins autant qu'esthétiques, est restée célèbre pour avoir été le terrain d'affrontement entre les « classiques », partisans d'une hiérarchisation stricte des genres théâtraux, et la nouvelle génération des « romantiques » aspirant à une révolution de l'art dramatique et regroupée autour de Victor Hugo. Ainsi ce mouvement a conduit les poètes vers un style lyrique (qui favorise l'expression des sentiments) et élégiaque (qui exprime la douleur et la mélancolie).. Mais à partir de la quatrième représentation, le rapport de force s'inversa : il n'y eut plus que cent places gratuites de distribuées. II) La bataille d'Hernani. Les trois unités théâtrales : l’unité de temps, de lieu et d’action ne suivent plus les codes stricts établis par les auteurs classiques. La version du 25 décembre 2008 de cet article a été reconnue comme «, Un siècle et demi de combats pour le théâtre, S'extraire du carcan classique : vers le drame romantique, Critiques du classicisme au théâtre sous l'Ancien Régime, 25 février 1830 : le triomphe de la Première, Franck Laurent, « Le drame hugolien : un "monde sans nation" ? Menu Effacer le champ de recherche. ... Synthèse et approfondissement grâce aux documents ci-dessous. Au fond la rampe d’un escalier qui s’enfonce dans le jardin… ». Avant la bataille analysée par Michel WINOCK au travers d’œuvres et d’images d’archive. La censure royale avait refusé les deux premiers titres proposés : À l'exception d'une seule, donnée devant un parterre de lycéens (cf. Quant à la théorie des trois âges de la littérature (primitif, antique et moderne), elle était si peu originale qu'on a pu la qualifier de « vraie "tarte à la crème" des littérateurs du temps »[18]. À chacun de ses membres fut distribué un billet d'invitation nominatif (le baron Taylor craignait que certains d'entre eux ne fussent revendus[92]) de couleur rouge sur lequel était écrit le mot Hierro (« le fer », en espagnol), qui devait constituer leur signe de ralliement, comme il constituait le cri de guerre des Almogavares dans Les Orientales[93]. La vengeance s'installe entre les deux amoureux de Doña Sol. La conséquence en était que, très vite, chaque comédien se spécialisait dans un type particulier de rôle[69]. Des années plus tard, Gautier écrirait : « 25 février 1830 ! Anne Ubersfeld, « Le moi et l'histoire », in Jacqueline de jomaron (dir.). récente de l’artémisinine ... Verra-t-on se déclencher une nouvelle bataille . En 1830, la représentation de sa pièce Hernani est à l’origine d’une querelle entre Clas-siques et Modernes, appelée la « bataille d’Hernani ». La "bataille d'Hernani" semble constituer à elle seule une œuvre. La longue tirade de Don Gomez dans la galerie des portraits de ses ancêtres (Acte III, scène VI), qu'on attendait de pied ferme, avait été raccourcie de moitié, si bien que, pris de court, les adversaires de Hugo n'eurent pas le temps de passer des murmures aux sifflets. La forme sous laquelle elle est généralement connue aujourd'hui est toutefois tributaire des récits qui en ont été donnés par les témoins de l'époque (Théophile Gautier principalement, qui portait à la Première le 25 février 1830 un gilet rouge qui par son caractère provocateur resterait dans l'histoire), mêlant vérité et légendes dans une reconstruction épique destinée à en faire l'acte fondateur du romantisme en France. Introduction Avant la première représentation d'Hernani, la « claque » fut réunie. Il revendique notamment la possibilité d’allier le sublime et le grotesque, tandis que les théories classiques réservent le sublime à la tra-gédie et le grotesque à la comédie. 39 Il semble d’ailleurs que Hugo n’avait pas prévu à l’origine ce couplage sous le signe de Don Juan de don Carlos et d’Hernani, puisque la révélation de la véritable identité de celui-ci ne se Conscients de la situation, les principaux fournisseurs du Théâtre-Français en pièces nouvelles, les auteurs de tragédies néo-classiques adressèrent-ils en janvier 1829 une pétition à Charles X afin qu'il interdît la représentation en ce lieu du drame romantique. Toutes les manifestations de la querelle d'Hernani ne furent pas aussi plaisantes que ces parodies : un jeune homme fut tué dans un duel, en défendant les couleurs de la pièce de Victor Hugo[114]. La "bataille d'Hernani" est devenue un modèle de littérature-événement. A. Bataille d'Hernani. D … Écrit tout aussi rapidement que Marion de Lorme (entre le 29 août et le 24 septembre 1829[64]), Hernani fut lu devant un public d'une soixantaine d'amis de l'auteur et fut acclamé. Qui plus est, la tragédie classique française, qui ne s'intéressait pas au peuple et à laquelle le peuple ne s'intéressait pas, était par nature un art aristocratique, qui par là même renforçait encore la division sociale en la doublant d'une division des publics de théâtre. En décembre 1827[13], Victor Hugo fit paraître à Paris un important texte théorique en guise de justification de sa pièce Cromwell, éditée quelques semaines plus tôt, et dont l'histoire littéraire se souviendrait sous le titre de « Préface de Cromwell ». de ta suite j'en suis ! Les spécificités du drame romantique: 1. Nombreux étaient alors ceux qui pensaient que la pièce ne passerait pas la première, et l'on s'arrachait les places de cette unique représentation[82]. La bataille d’Hernani. Les grandes batailles du romantisme se livrent d'abord aux théâtres. Le plus prestigieux des lieux de représentation officiels, le Théâtre-Français, comptait 1 552 places (qui valaient entre 1,80 et 6,60 francs[46]) et avait pour vocation de promouvoir et de défendre le grand répertoire dramatique : Racine, Corneille, Molière, Marivaux parfois, Voltaire et ses continuateurs néo-classiques : il était explicitement subventionné pour cette mission. L’amplification de la légende de la bataille d’Hernani naît des récits qu’en ont fait les témoins directs, notamment Théophile Gautier, quarante-quatre ans plus tard. Hugo, depuis le trou des acteurs percé dans le rideau de la scène, observait ses troupes sans se montrer[98]. Bataille qui fut reconstituée, par et pour des lycéens, en 2002, lors des célébrations du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo[132], tandis qu'un téléfilm de Jean-Daniel Verhaeghe (sur un scénario de Claude Allègre et Jean-Claude Carrière), La Bataille d'Hernani, contribuait à donner une nouvelle vigueur au récit inspiré par les évènements qui avaient entouré, cent soixante-douze ans plus tôt, la création de la pièce de Victor Hugo. Hugo fait de cette histoire un mélange de genres, ce qui vient ajouter des ingrédients à la « bataille d'Hernani ». Une thèse est une opinion donnée sur un thème. La Princesse de Montpensier : Chabannes - Duration: 8:43. 13386, f° 37r° (voir aussi le f° 13v°). La métaphore militaire et le parallèle avec Bonaparte se poursuivaient dans la suite du récit, qui faisait également la part belle au pittoresque (un chapitre entier du livre est consacré au « gilet rouge »), et qui surtout condensait en une seule soirée mémorable des évènements empruntés à des représentations différentes, dans une évocation largement idéalisée des évènements qui contribuerait durablement à fixer à la date du 25 février 1830 l'acte fondateur du romantisme en France[132]. Toutefois, lors de l'affaire de la censure de Marion de Lorme, la presse avait pris fait et cause pour Hugo : interdire coup sur coup deux pièces du dramaturge pouvait se révéler politiquement contre-productif. Estimant qu'ils les avaient interrompues trop tôt (la pièce fut arrêtée au bout de trente-neuf représentations[121]), Hugo leur intenta un procès, et leur retira le droit de jouer Marion de Lorme, dont le nouveau régime avait levé l'interdiction qui pesait sur elle[122]. En effet, l’amour coupable de Doña Sol et d’Hernani se faisant passer pour un gueux de la suite de la Dame, le rapport incestueux qu’entretient Don Ruy Gomez avec sa nièce ne sont pas faits pour sauvegarder le public de tout choc moral. « Folio Théâtre ». Cité par Anne Ubersfeld, in J. de Jomaron. Un spectateur trouva la mort, trois cents étudiants furent arrêtés et incorporés de force dans l'armée[36]. La bataille d’Hernani. Fils d’un élève d’Ingres et d’une miniaturiste, le peintre et graveur Albert Besnard se situe à mi-chemin entre l’académisme et la mouvance impressionniste. Le « j'en passe et des meilleurs » par lequel il y était mis un terme devint proverbial[99]. Victor Hugo, qui manifestait pour la matérialité de la représentation de son œuvre un intérêt beaucoup plus grand que ses confrères dramaturges, s'impliquait dans la préparation scénique de ses pièces, en choisissait lui-même (lorsqu'il en avait la possibilité) la distribution et dirigeait les répétitions. En conséquence de quoi les scènes se multiplièrent à Paris entre la Révolution et la Restauration (malgré un coup d'arrêt sous l'Empire). Elle s'est inscrite dans le temps grâce à ces récits épiques qui ont continué à la faire vivre à travers les époques. de ta suite ! », Jean-Marie Thomasseau, « Le théâtre et la mise en scène au. Au cours de la Restauration, les « batailles » autour du théâtre consacrèrent largement la victoire des partisans de la modernité esthétique : Trente ans ou la vie d'un joueur de Victor Ducange et Dinaux (1827), qui racontait l'histoire de la vie d'un homme à travers l'évocation de trois journées décisives de son existence, obtint un succès considérable au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Or, la claque était composée de proches des dramaturges classiques, leurs clients habituels, et était donc peu susceptible de soutenir avec tout l'enthousiasme souhaité la pièce de leur ennemi[83]. Ce 25 février 1830, toutes les tensions et les oppositions de conception au sujet du théâtre se sont cristallisées lors de la “bataille d’Hernani”. C'est une lutte en commun. — Minuit bientôt » entre le roi et don Ricardo (Acte II, scène 1) le consternait[105]. Toutes les représentations de la pièce, durant quatre mois, furent chahutées[115]. Au siècle suivant, Marivaux contribua à accentuer cette forte subversion des genres en greffant une dimension sentimentale à la structure farcesque de ses pièces[2]. Hernani. L'alliance entre le grotesque et le sublime ne devait toutefois pas être perçue comme une alliance artificielle qui s'imposerait aux artistes à la manière d'un nouveau code dramatique : il découlait au contraire de la nature même des choses, l'Homme portant en lui ces deux dimensions. Thème 2 Les pistes d'étude . Hugo définit le drame romantique dans la préface de Cromwell en 1827. Qui plus est, le public, et notamment le public des adversaires de Hugo, connaissait mieux le texte de la pièce, et savait où il devait siffler. Il cria à ces hommes assez âgés pour se souvenir de la Terreur : « À la guillotine, les genoux ! Pièce de théâtre mêlant le drame historique à la comédie d'intrigue, il s'agit d'un récit qui met en scène, en plus, un roi, un vieillard et un bandit. » provoqua par exemple quelques remous au sein de la commission[63]). Taille du document . Et non pas en 1828, ainsi qu'il est indiqué sur l'édition princeps (cf. La fameuse bataille d’Hernani préfigure la révolution de 1830, et Hugo le sent bien lorsqu’il place, dans sa préface, la pièce sous le signe du « libéralisme ». Néanmoins, malgré la qualité de leurs acteurs, malgré aussi le recrutement par le baron Taylor du décorateur Ciceri, qui révolutionna l'art du décor au théâtre[50], les représentations au Théâtre-Français se déroulaient devant des salles presque vides, tant il était notoire que l'on s'y ennuyait à « écouter de pompeux déclamateurs réciter avec méthode de longs discours », ainsi que l'écrivait en 1825 un rédacteur du Globe, journal il est vrai peu favorable aux néo-classiques[51]. À la fin de la pièce, les ovations succédèrent aux ovations, les acteurs furent acclamés, le dramaturge porté en triomphe jusque chez lui. Le public, majoritairement composé de jeunes gens qui ne connaissaient les chahuts de 1830 que par ouï-dire, applaudit bruyamment aux répliques qui avaient été sifflées (ou étaient supposées l'avoir été) en 1830, et manifesta sa réprobation lorsqu'il n'entendait pas les vers attendus[132] (le texte joué reprenait pour l'essentiel celui de 1830, avec les modifications opérées par Hugo après les premières représentations[134]). Code embed copié dans le presse-papier À retrouver dans l'émission. Manuscrits . Victor Hugo annoncera, en bon rebelle : « J’ai/dis/lo/qué/ce/grand/ni/ais/d’a/le/xan/drin », montrant ainsi, par le rejet du dernier mot, que l’important n’est plus pour lui de s’en tenir aux codes d’un théâtre classique et ultranormalisé. Déjà à cette époque on observait que les chahuts étaient le fait de groupes de spectateurs qui avaient parfois organisé au préalable leur manifestation[35]. Qui plus est, la légende qui s'est créée autour du drame de Victor Hugo, en escamotant les « batailles » théâtrales antérieures, attribue aux évènements qui se déroulèrent au premier semestre de l'année 1830 une importance largement supérieure à celle qui fut réellement la leur[127]. 6 La bataille d’Hernani est l’opération publicitaire des romantiques. • Synthèse sur la bataille d'Hernani (Victor Hugo) - Fichier envoyé le 10-02-2020 par Evelyne Paquet Il s'agit d'une synthèse d'extraits de presse, de cours magistraux universitaires, de prise de notes à partir du téléfilm relatif à la bataille d'Hernani et de témoignages d'auteurs romantiques. Synthèse LA 2 sq 3 - Hugo, Hernani, acte V, scène 6 (1830) Introduction Amorce – La bataille d’Hernani Le drame romantique – Hugo, Préface de Cormwell : « le drame, qui fond sous un même souffle le grotesque et le sublime, le Par . — j'en suis », murmure un Hernani menaçant. Ma nièce, vous serez ma femme dans une heure ». Assistant à la Première, Danton aurait eu ce mot révélateur : « si Figaro a tué la noblesse, Charles IX tuera la royauté »[33]. Ils prendront ainsi conscience de à ce sujet J.-M. Hovasse, Légende apocryphe, explique Jean-Marc Hovasse (. 1830 : La Bataille d’Hernani Réécouter 1830 : La Bataille d’Hernani écouter (5 min) 5 min. Page 1 sur 7. », est-il écrit en épigraphe du poème « Le Cri de guerre du mufti » (cf. Il ne s'agirait plus de décrire la fin du règne de Louis XIII, mais l'avènement de Charles Quint comme empereur : davantage encore que Cromwell, Don Carlos évoquerait Napoléon[63]. • Synthèse sur la bataille d'Hernani (Victor Hugo) - Fichier envoyé le 10-02-2020 par Evelyne Paquet Il s'agit d'une synthèse d'extraits de presse, de cours magistraux universitaires, de prise de notes à partir du téléfilm relatif à la bataille d'Hernani et de témoignages d'auteurs romantiques. Phèdre, représenté la veille, n'avait rapporté que 450 francs[54]. Il ne craignait pas de pratiquer « l'enjambement qui l'allonge », qu'il préférait à « l'inversion qui l'embrouille »[26]. Mais la presse libérale n'était pas en reste : son leader, Armand Carrel, écrivit pas moins de quatre articles dans Le National pour dénoncer la monstruosité du drame hugolien, et surtout pour mettre en garde le public libéral contre les amalgames répandus par l'auteur de Cromwell : non, le romantisme n'était pas l'expression du libéralisme dans l'art, et la liberté artistique n'avait rien à voir avec la liberté politique[109]. DON RUY GOMEZ : À doña Sol. Vous disposez d’un accès via votre bibliothèque, votre établissement ou votre organisation ?. Lancer la recherche ... SYNTHÈSE. Isabelle Luttiau 1,822 views. Cromwell (1827) Hernani (1830) : la première représentation de la pièce, le 25 février 1830, provoqua la fameuse « bataille d’Hernani », qui opposa d’une part les partisans du nouveau drame romantique et d’autre part les défenseurs de la conception classique du … Il est drame de l'Histoire au sens où, parler du passé, c'est parler du présent. Anne Ubersfeld, in J. de Jomaron. Et si vous ne vous souvenez pas de ce que la (le) prof avait dit de la bataille d'Hernani et de Théophile Gautier, de ce que pensait Victor Hugo de l'unité de temps et de l'unité d'action, si même vous avez oublié ce que c'est, ce n'est pas grave, si finalement vous aimez l'Hernani de ce brave père Hugo.

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